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Palazzo Carignano et musée du Risorgimento

  • palace
  • museum
  • 4.5
  • Prix: 5 € - 10 €
  • Horaires d'ouverture: Mar-dim 9h-18h30 ; fermé le lundi
Itinéraire
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Histoire

Construit à partir de 1679 pour la branche Carignan de la maison de Savoie, le Palazzo Carignano se distingue de tous les autres édifices de Turin grâce à son architecte, Guarino Guarini, un moine théatin qui traitait la brique comme d'autres maîtres baroques traitaient la pierre. Plutôt qu'une façade plate et ordonnée, Guarini a doté le palais d'un mur qui ondule de façon convaincante vers l'avant puis vers l'arrière en une seule courbe continue, entièrement bâti en brique de terre cuite apparente et orné de corniches élaborées — une allure qui doit davantage au baroque d'Europe centrale qu'à quoi que ce soit d'autre en Piémont.

La place du palais dans l'histoire italienne s'est ancrée en 1820, lorsque Victor-Emmanuel II y naquit. Il deviendrait en 1861 le premier roi de l'Italie unifiée, bouclant ainsi une boucle amorcée dans ces mêmes pièces quarante ans plus tôt.

Le berceau d'une nation

De 1861 à 1865, tandis que Turin servait brièvement de capitale au royaume tout juste unifié, le grand salon ovale du palais fut aménagé en hémicycle de la Chambre des députés, chambre basse du premier parlement italien. Des hommes d'État qui avaient consacré des décennies au processus d'unification, dont Camillo Cavour, siégèrent et débattirent de la politique de la jeune nation sous ce même plafond incurvé, avant que la capitale, et la chambre avec elle, ne s'installent à Florence puis finalement à Rome.

Cette histoire fait aujourd'hui l'objet du Musée national du Risorgimento italien, installé dans le palais sur une trentaine de salles. Environ 3 000 documents, tableaux, uniformes et objets personnels retracent le récit, depuis les réformes de l'époque napoléonienne qui éveillèrent les premiers sentiments nationaux italiens, en passant par les guerres et soulèvements de l'unification, jusqu'à la fondation de la république au XXe siècle — faisant de l'édifice à la fois un monument au Risorgimento et l'une de ses scènes centrales.

Le saviez-vous ?

La façade de brique incurvée de Guarini fut un choix radical pour son époque et son contexte : la brique était le matériau le moins coûteux et le plus ordinaire dans une ville par ailleurs construite en pierre et en enduit, mais Guarini l'utilisa pour accomplir une prouesse structurelle que les façades en pierre de l'époque tentaient rarement. Les historiens de l'architecture la considèrent encore aujourd'hui comme l'une des façades baroques civiles les plus audacieuses d'Italie.

Peu d'édifices au monde peuvent se targuer d'avoir à la fois abrité le premier parlement d'un pays et été le lieu de naissance de son premier roi — le Palazzo Carignano peut revendiquer les deux, entre les mêmes quatre murs et à moins d'un demi-siècle d'intervalle.

Bon à savoir

Le palais est fermé le lundi, et le billet d'entrée reste peu coûteux comparé aux grands sites royaux de Turin, ce qui en fait un ajout facile à une journée passée dans le centre historique. Prévoyez pour le musée du Risorgimento plus de temps que ne le laisse supposer l'emprise compacte du bâtiment : trente salles de contenu, cela s'accumule.

C'est une étape naturelle pour quiconque s'intéresse à l'unification italienne, et elle se combine bien avec une promenade dans les rues environnantes du centro storico, où l'essentiel de cette histoire s'est joué sur quelques centaines de mètres.